gruyeresuisse

27/10/2013

Les exercices d’ « ignorance » de Sarah Burger

 

 

Burger.jpgSarah Burger, « pro-positions », Nar-Gallery, Bienne du 31 octobre au 30 novembre 2013.

 

Sarah Burger possède une manière peu protocolaire de faire son miel : photographies, peintures, installations et sculptures sont prises en revers du classicisme. Interventions sur des images ou pièces de récupération, cristallisations (sublimes) de sel, assemblages de pierres,  lignes géométriques qui tiennent lieu de sculptures, brûlages de photographies, coulages de cire, etc. créent par décompositions des recompositions majeures. Au fil du temps la plasticienne élabore un concept solide porté par une réflexion pointue et la recherche de l’émotion. La sensibilité trouve là un cheminement précieux souvent sombre, presque tragique.

 

Pour chaque pièce Sarah Burger fomente un environnement particulier en utilisant des espaces ou des supports réaménagés. Elle ne projette pas de rapatrier le regard vers un éden artistique : elle l’interpelle dans la recherche d’un sens enfoui. Refusant le raffiné de l’esthétique pour l'esthétique l’artiste élimine un état marmoréen de l’art et des ses matières afin de les porter en une forme d’instabilité. Elle descend au cœur des images sans crainte d’échapper à leur force de gravité.

 

Sarah Burger retrouve une vocation fabuleuse : elle met une grâce dans les pesanteurs voire dans la « laideur ».  Une émotion cérémonielle et « avènementielle » éclate au cœur des matières les plus brutes. L’artiste arrache la fixité, l’opacité du règne des images de « pierre »  dans le fol espoir de l’art de lutter contre les apparences de la  réalité. Afin d’y parvenir elle prend les seuls chemins possibles : ceux d’une iconoplastie travaillée méthodiquement en une science de l’ « ignorance »  pratiquée avec lucidité.  

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

11:28 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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