gruyeresuisse

22/10/2013

Tout ce qui reste – Katrin Hotz

hotz 2.jpgCatherine Hotz, Galerie Graziosa Giser, 2013 et « Pickles – sur la pointe », Manoir de Martigny, 2012.

 

 

L'Imaginaire de Catherine Hotz fait surgir des fragments d’images. Perdus, ils surnagent  au sein de leur matrice. L’artiste ne néglige rien de ce qui peut contribuer à  discréditer le réel afin que ce qui est caché derrière, que ce soit quelque chose ou rien, se mette à suinter à travers. Cette défiguration semble moins celle  d'une réalité affective que de l’empreinte cérébrale des images « classiques ». L'icône ne peut dès lors que se dérober à la présence.

 

Photographe et dessinatrice la créatrice propose aussi diverses installations. On se souvient des diapositives de  « Sediments »   et des dessins de  « In the brain the memory is resinous ». Catherine Hotz y faisait appel à la poussière, aux moisissures et divers types de dépôts recueillis puis travaillés par les épreuves de la météorologie. Un tel travail charme et provoque la médiation selon une perspective qui refuse la mise en avant de l’égo de l’artiste. Lorsqu’on lui demande quelle est la part intime de son travail elle répond « les capteurs de mes dessins ».

 

Hotz.jpgLa réponse est volontairement un peu « courte ». Elle fait abstraction d’un travail où l'Imaginaire ne propose plus  une propulsion et un élan, mais laisse émerger un lieu de perte par différentes apories qui obligent le regardeur à chercher où est l’image. Elle n'est plus ce qui s'érige mais ce qui tombe et se creuse en ce qui tient d’une cohérence organique physique défaite en de petits éléments aussi figuratifs qu’abstractifs. Ce qui consume l’image l'exhausse tout autant là où nulle diégèse n’empiète sur ce que l’artiste isole.  Le territoire est pour une grande part dégagé. Dans cette descente l'auteur va jusqu'au bout d'une double logique implacable : celle de la disparition de  l'image, celle de l'Imaginaire de la disparition.  Ce dernier ouvre une rupture essentielle afin de faire rentrer la mort de l’image  dans le circuit de la vie, pour que, au seuil de cette mort, sa renaissance ait lieu.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

11:28 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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