gruyeresuisse

12/10/2013

Balthus, le chat et les souris

 

 

balthus 2.jpgBalthus :  «  Cats and Girls - Paintings and Provocations », Metropolitan Museum of Art, New York,  du 25 septembre 2013 au 12 janvier 2014. Sabine Rewald, "Balthus, jeunes filles aux chats", catalogue de l'exposition.

 

 

 

 

 

Entre 1936 et 1939, Balthus réalisa les célèbres séries de portraits de Thérèse Blanchard, sa jeune voisine à Paris. Elle y posait souvent seule ou avec son chat. En  Suisse il substitua l'austère décor par des intérieurs colorés dans lesquels des nymphettes s'adonnaient à leur rêverie. D’autant que Balthus est un maitre dans l'art de saisir toute l'ambivalence contenue dans l’être et plus particulièrement de la femme encore adolescente ou enfant. Pensives ses jeunes filles à peine écloses ont souvent comme seul compagnon de jeu le chat. Il peut au besoin rameuter une présence « adulte ».

 

Dans un travail riche plastiquement riche et ténébreux Balthus s’est amusé à transformer le fier étalon mâle en chat.  Cette métamorphose accentue la fiction narrative des toiles. Le chat démultiplie le masculin dans un fantastique jeu de miroir « félinien ». Il introduit aussi un rire alimenté par la transgression et une imagerie de contes enfantins. La nudité féminine offerte à ceux qui ne pense qu’à « chat »  ne s'oppose pas à leur volonté affichée mais la double d'un "malin" plaisir et en  le démultipliant pour ironiser le statut de personnage et le sens de scènes. Celles qui s'y abandonnent  provoquent à la fois le trouble et le sourire.

Balthus 3.jpgL'exhibition féline et la mise à nu ouvrent à des rackets figuratifs loin de l’érotisme de façade. Il en modifie la nature. En insufflant le pouvoir magique de simulacre Balthus prouve que se satisfaire de la présence du mâle est de piètre consolation pour des jeunes filles en pousses tendres. Balthus par la présence fortuite de l’animal nocturne touche à une lumière obscure de l’être. Sa peinture va du connu à l'inconnu et pervertit le réel par le conte. Du premier il ne montre que l'ombre en la théâtralisation du second. C’est pourquoi l’œuvre demeure si captivante dans ses déviations de figurations et de sens. En particulier dans son approche de la « félixité ».

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

Balthus a fait plus pour les petites culottes "Petit Bateau" que toutes les pubs que cette marque ait pu faire par ailleurs.
Balthus est donc un très bon publicitaire. Mais est-ce réellement suffisant pour qu'il soit un peintre?

Écrit par : Père Siffleur | 13/10/2013

Ouh la. C'est quoi un peintre, PS ?
C'est quoi, l'art ?
Si vous répondez à ces questions, le Prix Nobel de physique est pour vous...

Écrit par : Géo | 13/10/2013

Sieur Géo,
Ouh là!... Ne l’auriez-vous point remarqué? Je ne pose également qu’une question!

Pourtant, à l’une des vôtres, j’ai réponse. Une réponse qui ne me permettra pas d'obtenir un prix Nobel, j’en conviens! Surtout pas celui de physique, ni celui de pataphysique, plus proche de mon propos... Oui, n'est pas Peter Higgs ou Alfred Jarry qui veut!

Aujourd'hui, la seule définition de l'art qui fasse sens (à mon sens) est la suivante:

L'art est l’entier de la production qu’un artiste défini comme étant de l’art. L'artiste est celui qui a défini sa production comme étant de l’art.

D’où la présentation de productions de tout et n’importe quoi sous ce label… Mais cela reste de l’art… Pour l’instant. Le seul critique artistique valable reste le temps.

Vous aurez constaté que, dans mon premier commentaire, je ne mets pas en cause l'«artistitude» de Balthus. Par contre, je pose une question : Les produits de Balthus sont-ils ceux d'un Peintre?
Vous conviendrez qu’il s’agit d’une question sans prix, pas plus que n’en a ma définition de l'art. Par contre, les produits Balthus ainsi que les produits «Petit Bateau», eux ont un prix. Ce prix est-il surfait? Ne s’agit que le produit d’un artiste publicitaire pour petites culottes?
Même la réponse à une telle question n’est pas facile! Le prix que valent les affiches d’époque d’un Cassandre, par exemple, en sont une illustration.

Est-ce que le marché de l'art en général et celui de Balthus en particulier, ne nous mènent pas en (petit) bateau. Bateau qui n’est point Lavoir. Le Bateau Lavoir où ont passés des femmes et des hommes pour qui la question «Peintres ou non ?» est totalement superflue. Le fait que leur peinture plaise ou non n’y change rien: la question reste sans objet!
Parmi ces «vrais» Peintres : Amedeo Modigliani, Henri Matisse, Georges Braque, Fernand Léger, André Derain, Raoul Dufy, Maurice Utrillo, Kees van Dongen, Marie Laurencin, Pablo Picasso, pour ne citer que les plus connus… Connus et reconnus du marché de l’art. Un marché qui, pour eux aussi, nous mène en bateau!
Mais puisque certains paient n’importe quoi pour l’avoir... le tableau peint au Bateau Lavoir…

Écrit par : Père Siffleur | 13/10/2013

"Mais puisque certains paient n’importe quoi pour l’avoir."
L'art est un simple marché de valeurs refuges. Vous ne verrez jamais baisser le prix d'un Picasso ou d'un Monet. En bossant comme étudiant de temps à autre chez un transporteur lausannois, il y a environ 35 ans, j'ai accompagné un chauffeur à Monte-Carlo pour ramener des Matisse d'une valeur de 7 millions de francs français selon la douane jusque dans les coffres de la SBS de Lausanne...
Du dépôt à St-François, j'étais tout seul à bord de la camionnette...

Sur la question de l'appellation "peintre" : on a le droit de ne pas aimer un artiste, mais a t-on le droit de lui dénier la qualité de "peintre" ?

Écrit par : Géo | 13/10/2013

Sieur Géo,

A-t-on le droit de lui dénier la qualité de "peintre"?... Mais, bien sûr que non!

Pourtant, j'espère garder le droit d'ajouter de quel type de peintre il s'agit.
Est-ce un peintre d'affiches, un peintre en bâtiments, un peintre de trompe-l'oeil, un peintre de soldats de plombs, un peintre sur porcelaine, un peintre du dimanche, un peintre sur carrosseries et, n'ayant pas trouvé l'équivlent français, un bodypainter?

Si Antoine Favray était Peintre de l'Ordre de Malte, je ne suis qu'un simple pinteur dans les désordres du malt, ainsi que très bien vous savez !
Par contre, ce que vous ne savez pas, c'est que je m'intéresse aux bons affichistes et au bar "bouilleur de cru", mais que je n'ai jamais cru aux barbouilleurs !... Mon patronyme y est peut-être pour quelque chose!

Écrit par : Pére Siffleur | 13/10/2013

On progresse, on progresse...
La grande majorité de ses contemporains pensaient que Picasso était un barbouilleur, d'une part. D'autre part, et réciproquement, il n'y a pas plus élitaire que les gens d'extrême gauche...
Vous avez peut-être suivi un échange entre Jean-Louis Kuffer et moi-même, sur un peintre populaire vaudois (populaire dans le Chablais et dans le Valais) qu'il qualifiait de stalinien, par exemple.
Bien sûr, on pourrait trancher le noeud en disant simplement que Jean-Louis Kuffer est un vrai con, mais ce serait précisément tomber dans le travers qui vous fait considérer Balthus comme un barbouilleur et seulement un barbouilleur.
Balthus a un côté vrai con (dessinateur de petites culottes...) et Kuffer un côté barbouillé, c'est vrai et c'est indéniable, mais cela ne va pas très loin. Après tout, il en est de même pour nous deux, pas vrai ? Cela dépend en particulier des effets des crus de vos amis bouilleurs...
Il n'en reste pas moins que vous n'avez pas l'ombre d'un critère permettant de distinguer un barbouilleur d'un "vrai" peintre, alors qu'on peut faire une dégustation de crus avec des connoisseurs et trouver un classement qui ait une vague cohérence...

Écrit par : Géo | 14/10/2013

Sieur Géo,

On progresse dites-vous! C'est grâce à vous et je vous en remercie. Pourtant... Non! Je n'ai jamais dit que Balthus était un barbouilleur!
Par contre j'assume entièrement le fait d'avoir catalogué le peintre dans un groupe que je nomme "les affichistes". Il n'est pas le seul dans le groupe qui comprend aussi un Bernard Buffet ou un Hans Herni, par exemple.

Et le fait que les affiches d'un Balthus soient sans publicité aucune ne me feront pas changer d'avis (ce n'est, bien sûr, qu'un avis)!
De plus, j'admets volontier que les "affiches" son plutôt réussies, certaines même culottées.

Aujourd'hui, les petites culottes des jeunes adolescentes peintent par Balthus cachent toujours le fondement de ces demoiselles.
La fondation Balthus s'occupe de son chalet, depuis les fondations jusqu'au grenier. L'argent étant le fondement de toutes chose, la fondation permet également à Harumi Klossowska de survivre dans le monde formidable de la jet-set sans devoir montrer son propre fondement.

Et pour les crus, ne connaissant que ce seul mot convenable, je dis Santé!

Écrit par : Père Siffleur | 14/10/2013

Erni, pas Herni. Hernie...
"L'argent étant le fondement de toutes chose, la fondation permet également à Harumi Klossowska de survivre dans le monde formidable de la jet-set sans devoir montrer son propre fondement."
ça, c'est votre côté chasseur de riches qui ressort. Franchement, pour moi, si Mme Harumi Klossowska peut vivre sans devoir "montrer son propre fondement", je suis bien content pour elle, et c'est un géologue de 61 ans sans travail qui vous le dit. En d'autres termes, je suis bien content d'épargner aux foules qui nous entourent le spectacle vraisemblablement assez affligeant de mes fesses à moi. Soit dit entre nous, j'ai postulé il y a quelques semaines pour un poste à Nampula au Mozambique de responsable dans le domaine de l'eau, recherché par la SNV, la coopération hollandaise. Vous pourrez vérifier dans Cinfo. J'ai officié pendant trois ans à Pemba, la capitale de la province juste en dessus de celle de Nampula, comme conseiller technique au département des eaux. J'ai participé à des congrès passionnants de trois jours sur la problématique des pièces de rechange pour les pompes manuelles (à Inhambane), réussi à me faire offrir par un ancien assistant de l'institut de géophysique de lôzane leur dernier résistivimètre (valeur 11'000 francs) pour monter une équipe de recherches là-bas, écrit un manuel en ce sens en portugais, etc, etc.
Difficile de trouver un profil plus adapté que le mien sur ce coup. Ils ne m'ont même pas répondu. A 61 ans, je ne suis probablement plus baisable, aux yeux des minettes des RH...
Un poste comme cela, qui "matche" aussi parfaitement, j'en vois passer un tous les deux ans. Au mieux...
Donc ne venez pas me chercher sur "comment je fais pour ne pas montrer mon cul", cela vaudra mieux pour tout le monde...
Revenons aux Moutons, cadets Rothschild de préférence. Dans ma région, le Chablais, le seul endroit préservé de la cupidité industrielle des Raffineries à Kadhafi, des spécialités chimiques hyper-dangereuses de la Ciba (phosgène), de la SATOM qui se bat pour brûler le plus de déchets possible et donc produire le plus de dioxine possible ou de l'anarchie en matière de constructions de villas grotesques concourant toutes au championnat du plus sûr mauvais goût helvétique, le seul endroit disais-je qui reste préservé est la colline de Charpigny, parce qu'elle est propriété d'un aristocrate français. Donc vive les riches qui protège la bio-diversité, l'environnement, les grenouilles et les pissenlits. Je vous ai toujours dit que l'écologie ne peut qu'être de droite. La gauche est productiviste, donc anti-écolo par définition. Duflop finira bien par s'en apercevoir, même si elle est très bête.
A Rossinière, la fondation Balthus s'occupe du chalet Henchoz, baron du fromage qui a permis aux Français de se lancer à la conquête du monde, d'où sa richesse.
Je crois qu'on devrait tous s'en féliciter. Sinon, c'est l'Etat avec nos impôts ou la ruine.
Juste pour rire : vous avez lu ce qui est inscrit sur le chalet ?

Écrit par : Géo | 15/10/2013

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