gruyeresuisse

01/10/2013

Le rire punk de Christophe Lambert

 

Lambert 2.jpgChristophe Lambert,  « Neon Black Disorder » du 20 septembre au 9 novembre 2013, Galerie Kissthedesign, Lausanne.

Christophe Lambert est né en 1970 à La Chaux-de-Fonds. Il vit et travaille  à Bienne. Son travail a été exposé non seulement en Suisse mais aussi à Berlin, Bruxelles, Barcelone, Hambourg ou encore Los Angeles. Pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie Kissthedesign de Lausanne il offre une sélection de ses travaux les plus récents. On retrouve son imagerie faussement naïve inspirée autant par l’univers metal et punk que par des fantasmagories médiévales chevillées à une critique du consumérisme en ses diverses formes. Un blanche-Neige sous acide, un serial killer en goguette, une Bambi lubrique sont mis sous haute perfusion d’humour afin de donner une série d’images d’une apocalypse en marche et d’un prochain chaos. Proche de l’underground où il fait déjà figure de patriarche (ce qui est un comble) l’univers graphique de Lambert grouille d’une poésie trash. Objets, images sont détournés de leur sens et re-scénarisés dans un univers où ils prennent une valeur ajoutée par l’effet même de la dérision qui vient caser les « effets mères ».

lambert 1.jpgEn conséquence, bien loin d’enfiler des perles l’artiste pompe de la chaleur humaine dans les entrailles de la société de consommation et ses images à la viscosité sur mesure.  L’artiste a néanmoins l’astuce de ne jamais tomber dans la facilité. Le vulgaire et l’obscène ne sont que de façade. Le créateur les broie en articulations mathématiquement impossibles tout en préservant certains charmes délétères. Parfois l’artiste feint d’aimer le progrès, la bombe atomique, les mutilations complices, les traces d’ADN étrangères et des lames à l’intérieur de viscères afin que son travail ne cesse de prendre des positions pouvant heurter la sensibilité. Ses libellés déroutent les habitués des prestations plastiques plus moroses. Les choix volontairement catastrophiques de l’artiste se révèlent de fait des opportunités. Soudain le  rire traverse en rafales. Il  devient un projectile se localisant allusivement vers le sexe mais aussi le sens. Ce rire peut être considérer comme une  référence. Le déclencher comme l’artiste le fait passe par la maîtrise d’un code d’incartades. Il est indexé à la nudité de ce rire et de ce qu’il fait soulever.  Si bien que dans un décor de pom-pom-girls le bout goût se casse le dos le plus naturellement du monde mais avec un certain goût à la vie et une fierté dans la nuque.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

21:44 Publié dans Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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