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27/06/2013

Les Edens de Sébastien Mettraux : entretien avec l'artiste

 

 

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Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ? La sonnerie de ma montre-réveil mécanique.

 

Que sont devenus vos rêves d’enfant ? J’ai la chance de faire aujourd’hui tout ce que je voulais faire étant enfant.

 

A quoi avez-vous renoncé ? A rien du tout.

 

D’où venez-vous ? De la campagne, j’ai grandi dans une maison isolée près de Vallorbe, en face d’une ferme, en pleine nature.

 

Qu'avez-vous reçu en dot ? Un canapé orange géant.

 

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ? La reconnaissance de mes proches, la facilité, les vacances.

 

Un petit plaisir - quotidien ou non ? Emmener mon fils au parc ou à la boulangerie du village pour boire un sirop.

 

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ? La solitude.

 

Quelle fut l'image première qui esthétiquement vous  interpela ? « La sieste » de Van Gogh (d’après Millet), j’ai vu cette toile dans le dictionnaire étant enfant, elle m’a beaucoup intrigué car une des deux faucilles me semblait avoir été peinte de sorte à ressembler à un serpent. Je lisais alors cette image comme une représentation moderne d’Adam et Ève dans l’Eden.

 

Où travaillez vous et comment? Isolé, dans mon atelier de Vallorbe, situé dans la gare, à côté de l’horloge. Je prévois toujours 2 à 3 jours pour ne faire que ça, je travaille de manière intense, le jour, la nuit, je ne fais rien d’autre, l’heure ne compte plus, je me couche quand la peinture me le permet, ou quand mon corps m’y oblige. Je peins en bleu de travail.

 

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ? J’écoute toujours la radio (la première) comme un bruit de fond.

 

mettrauxexposition3.jpgQuel est le livre que vous aimez relire ? Je n’ai relu qu’un seul livre : « l’écume des jours » de Boris Vian, c’était il y a longtemps. Cela fait 10 ans que je n’ai pas réussi à finir le moindre livre, je ne suis pas assez discipliné pour ça. Je le regrette car je suis conscient de passer à côté de quelque chose.

 

Quel film vous fait pleurer ? À la recherche du bonheur.

 

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ? Un homme qui devient plus mur et qui sait où il va.

 

A qui n'avez-vous jamais osé écrire ? Malheureusement je n’ai pas osé écrire à grand monde...

 

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ? La colline verdoyante

 

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?Jérôme Bosch, Félix Vallotton, Charles Sheeler, Erik Bulatov.

 

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ? Un livre « compilation » sur l’art, l’architecture ou l’horlogerie, dans l’idéal « Art Now volume 4 » ou alors « l’annuel des montres 2014 ».

 

Que défendez-vous ? Je défends de moins en moins de chose, mais ma liberté ainsi que la peinture figurative avant tout.

 

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"? Je ne suis pas d’accord, l’amour ce n’est pas une stock-option.

Enfin que pensez-vous de celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?" Il est fort, c’est une alternative subtile et drôle au très niais « vous
pouvez répéter la question ? ».

 

Entretien réalisé par Jean-Paul Gavard-Perret, juin 2013.

 

14:45 Publié dans Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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