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31/05/2013

Claire Nicole : le poète et son double

 

 

Tricoit Nicole Prémel.jpgGérard Prémel « Les Trois Vents », pointe sèche et collage de Claire Nicole, collection Leporello, Passages d’Encre, Moulin de Quilio, Guern, 2013, 50 Euros.

 

 

Souvent les mystères poétiques ne restent mystérieux que par la littéralité soustractive du langage qui - forcément abstrait- transforme le réel en concept. D’où chez les poètes le recours à la métaphore. Gérard Prémel s’en défend. Il préfère qu’une image tierce  intervienne et mette le feu à l’écriture par l’émotion visuelle. Les interventions de Claire Nicole sont donc là pour trancher.  Elles ne proposent pas de ces simples miroirs narcissiques au texte et qui  n’ont valeur que de néant. Le texte plonge dans un autre miroir. Miroir de l’eau si l’on veut. Les mots noyés dedans s’y tordent.

 

Gérard Prémel est de ceux qui sans se vanter créent une véritable « écriture à l’estomac ». Elle ne se porte pas à la boutonnière. Toutefois la Lausannoise Claire Nicole lui apporte un supplément. Dans la fugue des trois vents du texte l’artiste ouvre  l’espace à une émotion nouvelle. Preuve que cette réalisation due à Christiane Tricoit est par excellence un livre de création.

 

Claire Nicole y poursuit des apparitions dans le corps de l’écriture. Un espace est à l’intérieur de l’autre espace.  L’espace n’est plus à l’intérieur des mots ou des images il est dans leur cohérence défaite et recomposée. Sans les créations plastiques de Claire Nicole le texte resterait un théâtre pour les aveugles. Grâce à la pointe sèche surgit une ouverture de l’espace. Au tissage cérébral des mots se superpose le réveil d’un labyrinthe de pôles et un maillage d’échos.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

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