gruyeresuisse

03/05/2013

Sarah Hildebrand : L'inconnue dans la maison.

 

Sarah-Hildebrand.pngSarah Hildebrand, « Chez soi », textes et dessins, 96 pages, coll. « Re : Pacific », éditions art&fiction, Lausanne, 2012.

Sarah Hildebrand, « Lieux délaissés », textes de Jessica Backhaus et Klara Tuszynski, 80 pages, Français-allemand,  Kehrer Verlag, 2013

 

 

 

Comme chacun Sarah Hilldebrand ignore l’issue de son propre mystère. Mais en magicienne des mots, des traces et des images elle trouve comme recours à sa connaissance la pénétration et l’évocation de lieux inconnus ou délaissés. Ils deviennent sa demeure chaque fois réinventée. Surgit dans sa poésie en écriture, dessins  et photographies un espace de tension. Sarah Hildebrand prend paradoxalement l’initiative d’authentiques confidences. Elle ne camoufle rien mais son projet est à l’opposée d’une exhibition directe d’elle-même.

 

Comme chez Sophie Calle - mais sans stratégie voyeuriste - la recherche du lieu porte vers quelque chose de trouble et de troublant. Celle qui rêve « sur un tas de feuille morte de se sentir chez soi » a quitté son lieu d’origine (Genève) pour retrouver sa propre intimité à travers les décors anonymes, délaissés. L'histoire de l'œuvre est donc l'histoire d'une accession à soi par l'intermédiaire de l'autre. La recherche y acquiert un sens particulier : l’intime y est regardé à l’envers et s’écrit par défaut. Etant de la sorte à l’extérieur d’elle-même, Sarah Hildebrand n’a jamais autant été à l’intérieur de son propre espace et de son intimité. Mais sans en dévoiler le secret.

 

j-paul gavard-perret

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