gruyeresuisse

01/05/2013

Catherine Bolle et Olivier Thomann : de la chimère au réel

 

« Dans les Sables du Taklaman», Exposition de Catherine Bolle (plasticienne) et Olivier Thomann (photographe), galerie d’arts contemporains, Red Zone, Genève. Du 2 mai au 29 juin 2013.

 

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Au 3ème siècle avant J.C, Cai Lun, formalisa l'art de  la fabrication du papier à partir de bambou, mûrier, lin et chanvre. 2000 ans plus tard fut retrouvé  un papier de cette nature dans les ruines d'un fort du désert du Takla-Makan. Ce lieu  donne le titre de l’exposition de l’artiste lausannoise Catherine Bolle et d’Olivier Thomann.

 

En mouillant ce papier très fin pour le faire pénétrer dans les creux de la gravure et pour encrer, après séchage, la partie restée en relief étaient « estampés » les textes calligraphiés sur des stèles de pierre.  Catherine Bolle a repris cette technique, sur un papier spécialement importé de Chine, pour estamper des «textes» de pierres, de fleurs et d'objets divers avec un grand sens historique et poétique.

 

L’artiste saisit l’inconnu ; l’insaisissable comme elle le fait à travers la peinture, la sculpture, la gravure sur toutes sortes de supports : le papier bien sûr mais aussi la toile, l'aluminium, l’  « Eternit »;  le verre et les surfaces transparentes plastiques. Son fils Olivier Thomann la suit dans cette exploration. Mais il choisit de son côté la photographie pour exprimer à la fois l’évanescent et le tellurique.

 

Les deux créateur font saillir les dichotomies entre hier et aujourd’hui, ici et là-bas, l’urbain et la nature. Ce travail dépasse l'esthétique habituelle des formes, des supports. Mais l’humain n’est jamais oublié. Catherine Bolle fait passer ainsi de la chimère au réel. Son œuvre comme les fables les plus anciennes  approche la puissance « évidante » des formes et des couleurs en une « simplicité » complexe faite de risques violents et d’équilibres subtils. 

 

L’exposition montre une succession de gestes et d'opération de même que la fulgurance et l'innombrable épiphanie  qu’ils constituent. La géométrie demeure toujours imparfaite : perfectible, inachevée. Mais l’artiste sait en tirer partie afin d'influencer la sensibilité de la matière et la conduire souplement à révéler les schèmes de sa mise à jour.

 

Chaque œuvre a donc pour clôture l’illimité. Tels des somnambules nous parcourons le temps. Catherine Bolle sort du dormir insidieux des firmaments. Elle en affile les sensations,  les englobe dans un flux  Les formes sauvages et secrètes qui surgissent rendraient interdit Saint Augustin l’iconoclaste.  Une fluidité se libère et libère du sous-sol d’un réel  des servitudes. La créatrice et son fils  propagent des ébranlements immenses ou minuscules. De la chute d'une pomme ou d’une fleur  ils font une célébration.

 

 

 

09:56 Publié dans Genève, Images | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Nos textes se complètent bien
bravo et merci

Écrit par : Brigitte Catherin | 01/05/2013

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