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01/05/2013

Alexandre Friederich : De l'intime

 

 

 

Alexandre Friederich, « 45-12, retour à Aravaca », coll « Re :Pacific », Editions Art&fiction, Lausanne, 2013, 106 pages.

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Alexandre Friederich est un artiste et écrivain spécialiste des livres ovniesques. « Histoire de ma montre Casio » et  « Susie la simple » furent « écrits » à quatre mains pour le premier et six pour le second. Ici l’auteur joue le soliste afin que le journal intime retrouve un nouveau départ.

 

« 45-12, retour à Aravaca » naquit précisément le  27 janvier 1977. Le jour dit, le futur auteur (âgé à l’époque de 12 ans) pris aux mots le conseil lancé par le Directeur du Cours Molière  « ceux qui le veulent peuvent prendre chaque soir chez eux quelques notes sur les évènements de la journée. Vous verrez c’est passionnant ».  Dès le 30 du même mois Friederich rédigea sa première note. Il n’a pas cessé et 10 000 pages se sont accumulées d’abord sur une série de carnets puis sur un blog.

 

L’auteur propose aujourd’hui une sélection de ce corpus d’ensemble intitulé « Journal d’Inconsistance ». C’est passionnant. D’autant que Friederich a organisé son choix autour des 17 maisons ou appartements où il a vécu. Le premier situé dans le petit village espagnol d’Aravaca donne le titre de l’ouvrage. Le diariste en surgit tel un irrégulier de la langue et du genre qu’il a choisi d’illustrer. Il fait écho à un de ses coreligionnaires : Amiel.

 

Tout passe dans le « Retour à Aravaca » apparemment sous le registre d’une pure narration « de surface ». L’auteur souvent ironise :  « Le maçon coule la chape : « oh ça le mélange est dosé, il est bien gras ». Le soir quand je rentre il a posé le carrelage : rien n’est plat ». Ce qui n’empêche pas ça et là des percées incisives : « On désire autre chose que ce qu’on a, mais aussi ce qu’on a faute de savoir le posséder ». L’ensemble garde néanmoins le côté primesautier de la gambade La jovialité est privilégiée face à la fausse introspection. L’auteur et artiste suisse n’appelle ni au  sacrilège, ni au blasphème. Le secret demeure ce qu’il doit être : caché. 

13:06 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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