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28/01/2020

Thomas Hauri : quand la loque interloque

Hauri 2.pngThomas Hauri, "Tranfer", Vitrine 17, Dreier Frenzel, Architecture + Communication, Avenue du Rond-Point Lausanne, à partir du 31 janvier.

Chez Thomas Hauri la loque interloque. Ce qui suppose la mise en scène d'un leurre : celui du fantasme de fusion du réel et de l'image. Souvent sans doute il n'y a pas d'oeuvre sans le naïveté de ce coït ininterrompu d'un tel rêve d'idylle avec le réel. Mais l'artiste le met à distance.

Hauri.pngThomas Hauri poursuit un travail analytique et critique - qui englobe l'histoire de l'art, le social et le politique ainsi que l'évolution même des processus de création d'images - par des séries d’architectures subtiles. Elles voguent parfois dans le vide. Les apparences perdent leur éclat par effet de surimpression et de mélange. De telles structures deviennent des raccourcis saisissants de l'évolution et de la permanence des images. L'artiste opère une subversion à l'intérieur d'un système bien huilé. Maculés, oblitérés, caviardés ses toiles et ses dessins diffusent une vision déstabilisante.

Hauri 3.pngC'est une manière de trouver le hors sens musical qui malaxe, engorge, gêne la fluidité facile de l'image. Fidèle aux "Emanations, explosions" de Rimbaud, l'artiste poursuit sa course de vitesse contre la fermeture stabilisée du monde tissé de barbarie, ouvert à perte-pied sur la rumeur de l'inconscient, pulvérisé. Et ce par la débâcle des corps et des choses dans le temps et l'atomisation de la matière en ses pans de noirceur.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:23 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

27/01/2020

René Burri l'offensif

Burri 3.jpgRené Burri : L’explosion du regard, Elysée Lausanne, du 29 janvier au 3 mai 2020

Toutes les variations de René Burri sur la photographie créent des lieux magiques. Né en 1933 et décédé en 2014 à Zurich, le créateur fut un précurseur et un maître d'une nouvelle expressivité de son art. Il rejoint Magnum Photos en 1955 et pendant soixante ans il parcourt le monde pour capter les événements majeurs et de nombreux portrait : Picasso, Giacometti, Klein, Tinguely, Le Corbusier, Niemeyer et le mythique "Che au cigare".

Burri.jpgMarc Donnadieu et Mélanie Bétrisey proposent une nouvelle rétrospective de cette œuvre qui joint le spatial et le structurel. Et ce dans un lieu qui fut emblématique pour lui. Il y présenta plusieurs expositions et lorsqu'il crée une Fondation à son nom il choisit le Musée de l’Elysée pour l’abriter.

Burri 2.jpgCette exposition crée un ancrage dans la part la plus intime et secrète de son oeuvre à travers planches contact, tirages d’études, films, maquettes de livres, projets d’exposition, carnets, collages, aquarelles, dessins. Toute une vie est là pour illuster une pensée et une poésie en photographie. Divers pans de l'homme et de l'oeuvre jaillissent. L'artiste prouve qu'il lutta contre bien des mépris à la manière d'un homme révolté et passionné.

Jean-Paul Gavard-Perret

26/01/2020

Hans-Ruedi Giger toujours présent

Giger.jpgNé à Chur, en Suisse, le 5 février 1940, Hans Ruedi Giger étudia le dessin, l'architecture et le design. Il publie ses premiers dessins dont son "Atomkinder" (Enfant atomique) dans le journal de son école en 1964. Il développa une passion pour Freud et la psychanalyse, commence à répertorier ses rêves dans un journal et imprime une série de travaux intitulée "Un festin pour le thérapeute". Son univers est alors déjà teinté d'angoisse, d'effrayantes créatures imaginaires et de paysages étranges.


giger 2.jpgArtiste multipartitas, Hans Ruedi Giger a réalisé des courts métrages documentaires avant d'être approché pour l'adaptation de Dune par Alejandro Jodorowski, qui ne verra pas le jour. Mais il est repéré par Ridley Scott pour concevoir la créature de "Alien"dont la chair se mélange à la mécanique, branchés sur des tuyaux, renforcés par des armures.

Giger 3.jpgIl définissait son style comme "biomécanique" créateur d'une ambiance fantastique, sombre et inquiétante. Mais à côté de ses travaucx cinématographiques il continua à produire des œuvres très diverses et à caractère fortement sexuels : sculptures, peintures à l'encre, pochettes d'albums (entre autres pour  Blondie et Emerson, Lake & Palmer), pied de micro du chanteur de Korn, scénographie du Mylenium Tour de Mylène Farmer. Celui qui aurait préféré être musicien que plasticien reste un un créateur de premier plan qui aura influencé son temps.

Jean-Paul Gavard-Perret