gruyeresuisse

24/09/2020

Matthieu Barbezat et Camille Villetard : Le Miracle des loups

Barbezat.jpgBarbezat – Villetard, "Longs temps", EAC(Les Halles), Porrentruy, du 27 septembre au 22 novembre 2020

Camille Villetard et Matthieu Barbezat travaillent ensemble depuis 2014 et paragent leur temps eentre Neuchâtel et Paris. Le couple franco-suisse s’intéresse à la notion d’espace et à l’exploration des matériaux en le fondant sur les formes du minimalisme ou extraites de la nature. A partir de là il crée des expériences immersives  pour décadrer le regard de ce qui lui paraît familier. Cette exposition in situ devient un parcours en trois moments. S'y découvrent deux sculptures (« Soleil des Loups ») presque non identifiables en acier. Elles sont aussi massives qu' instables, imposantes et pourtant chargées d'énigmes. Cette dualité crée un espace comme entre chien et loup où tout semble possible d'apercevoir :  même une sorte de meutequi jaillirait de nos propres tréfonds.

 

Barbezat.pngAutour de ces sculptures une lumière bleutée crépitante suggère un univers en mutation où quelque chose se fomente. Auparavant les visiteurs franchissent une peuplade d’arches ouvertes sur la rue en un jeu entre le vide et le plein et qui annoncent la meute potentielle du "Soleil des Loups".

 

Barbezat 2.pngLes artistes prouvent  que l’architecture peut devenir sculpture et que cette dernière crée un  mouvement au moment où dans un troisième temps l’intensité augmente tandis que la visibilité diminue. Une lumière puissance baigne un espace vide, bleuté, dématérialisé. un son circule, une présence se déplace en suivant une trajectoire particulière, de l’un à l’autre des haut-parleurs qui enveloppent le volume. C'est comme si un animal errait dans un espace fermé où tout est propre à créer une ambiance étrange là où les lignes s'effacent.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

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19/09/2020

Reto Duriet et l'approche du vivant

Duriet.jpgReto Duriet, "Genetics", Galerie du Griffon, Neuchatel, du 24 septembre au 16 octobre 2020.

 

Né à Samedan dans les Grisons, Reto Duriet est à l'origine architecte de formation. Il est diplômé de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) avant de  devenir photographe autodidacte. Après des années de pratique comme indépendant, il explore désormais différentes démarches artistiques pour étendre ses champs d'investigation.

 

L'aspect multipartitas se découvre dans son travail. Celui-ci plonge d'abord dans les mathématiques et des sciences dites dures telles que la biologie, la physique, l’astronomie. Reto Duriet y découvre puis isole des éléments qu’il répertorie dans un ensemble de formes, selon ses propres logiques et ce quelles que soient les échelles de telles collections.


Duriet 2.jpg

Le plasticien les réorganise, découpe, décortique, assemble pour construire un univers original aussi abstrait et poétique. Le macro et le micro, l'unicellulaire comme les constructions complexes permettent de montrer tout ce que le vivant recèle et colonise. Par ses motifs photographiques Duriet offre des sortes de matrices qui intriguent. Tissu, carrelage ou papier peint lui permettent aussi d'investir l’espace de la galerie en ce qui devient des installations d'un genre particulier et selon d'habiles carapaces. Des effets de trompe l'oeil créent des volume et des profondeurs sur les surfaces planes et tout y devient organique dans une nouvelle géographie et philosophie de "terrains" particuliers.

Jean-Paul Gavard-Perret

08:55 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

15/09/2020

Alberto Vieceli : synthèse de l'acte photographique

AViecelli 2.jpglberto Vieceli, "Holding the Camera", Musée suisse de l’appareil photographique, Place, du 5 septembre 2020 au 24 janvier 2021 en collaboration avec le Festival Images Vevey (5-27 septembre 2020)

Alberto Vieceli tient à Zurich un studio de graphisme avec Sebastian Cremers. Ils proposent livres, marqueurs graphiques, vidéos, expositions et installations. De 2015 à 2019, le graphiste a collecté plus de 700 images dans des manuels, prospectus, brochures, magazines photographiques des années50 et 60. Elles sont faites pour illuster la manière idéale de tenir un appareil photographique quel qu'en soit le format.

DViecelli 3.pngans l'exposition et son montage, le didactisme initial se double d'un aspect plus ludique. D'où cet inventaire d’archives qui illustre - comme l'écrit Luc Debraine - "le conservatoire des bons gestes à l’époque de la photo argentique". Le tout dans une variation sur le même geste là les photographes eux-mêmes sont saisis parfois dans des visions innocemment saugrenues ou pertinentes.

 

viecelli.pngLe spectateur est mis au centre de l’acte photographique. Alberto Vieceli condense cet effet visuel comme le firent auparavant mais selon d'autres axes et propos Hans Peter Feldmann, Erik Kessels ou Peter Piller. Le thème du livre d'origine et désormais de l'exposition demeure donc inédit : regrouper ces images en 26 groupes (qui correspondent aux 26 lettres de l’alphabet) permet de les cataloguer et d'en constituer les chapitres harmonieux d'une déclinaison astucieuse.

Jean-Paul Gavard-Perret